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L’art contemporain pour magnifier les photos de famille

L’art contemporain pour magnifier les photos de famille

Histoire et projet de famille

Il est des rencontres qui riment avec Pep’s, joie, liens, voyage autour du monde….The Musettes est allée à la rencontre de 2 soeurs très très unies et qui ont décidé de travailler main dans la main pour faire ou refaire vivre vos souvenirs…Témoignage à 4 mains.

Bonjour les Happy Funky Sisters, où vivez-vous ?

Caroline: j’habite depuis exactement un an à Munich, en Allemagne, le “Heimat” de mon mari, c’est en fait la deuxième fois que nous retournons à Munich où nous avons déjà vécu en famille quand les enfants étaient plus petits et où mes deux derniers sont nés. Entre les deux, nous avons goûté au soleil et à la douceur de la “vida portuguesa” à Lisbonne pendant 8 ans où j’ai d’ailleurs côtoyé quelques unes de vos Musettes. Pour moi Lisbonne a été une révélation, un vrai coup de foudre, aussi bien au niveau style de vie, amitié et reconversion professionnelle. Quitter Lisbonne l’été dernier a été un vrai déchirement, une page de grand bonheur qui se tournait. On parle souvent des difficultés de s’expatrier, mais pas assez des retours ou de nouvelles expatriations! pas évident de retourner à un endroit où je ne me sens pas vraiment expatriée et pourtant 100% étrangère et où mon mari et mes enfants eux retrouvent leur racine. Un vrai challenge familial. Après une année d’atterrissage compliquée, je commence plus sereinement cette nouvelle année scolaire, avec un très joli projet avec ma funky sister et un nouveau chez-moi dans le centre de Munich, dans le quartier du Glockenbachviertel, un quartier très vivant, un peu hipster, à 5mn à pieds du centre historique.

Nathalie: Nous habitons avec mon mari et ma dernière fille à Marseille depuis deux ans. Une découverte totale. Nous sommes originaires de Paris et avons vécu quasiment 20 ans à l’étranger. Pour nous le Sud de la France est une nouvelle expatriation en quelque sorte… Nous sommes conquis par cette ville multifacette des bords de la Méditerranée. La baignade dans la mer était habituellement réservée aux période de vacances. C’est le pied absolu d’habiter à 10mn à pied de la mer. Les deux premières années, nous avons été logé par l’employeur de mon mari dans une charmante maison du quartier de Saint Anne. Un peu excentrée mais un jardin d’Eden et une piscine ont achevé de nous conquérir. Nous venons de déménager tout près du stade Vélodrome, au Prado, dans un appartement “vintage” au pied du métro et du plus beau Monoprix de Marseille. Encore un rêve après de longues années à l’étranger…

Qu’est- ce qui vous a amené dans le pays où vous résidez actuellement ?

Caroline: Mon mari est de Munich et la vie à Lisbonne comme consultant digital lui paraissait trop “slow”, loin de la réalité et des challenges du 21ème siècle, un mode de vie presque trop confortable où nos cerveaux se ramollissaient au soleil. Après 2 années de réflexions, nous avons décidé en famille de retourner vivre à Munich pour entre autre offrir une éducation plus solide aux enfants, se rapprocher de la famille allemande et redonner un élan à nos carrières respectives. La cerise sur le gâteau: garder un pied à terre à Lisbonne et continuer le plus possible à en profiter en ne prenant que les bons côtés du Portugal.

Nathalie: Nous avons quitté la Serbie il y a deux ans, car mon mari à été muté à Paris. Petit parcours du combattant pour trouver un logement et une école à Paris mais nous y sommes arrivés comme tout le monde. Deux semaines après avoir déménagé, mon mari m’annonce qu’il a une opportunité intéressante à Marseille. La tentation était trop forte, nous avons donc remballé nos 80 m3 pour découvrir le charme du Sud!

Avez-vous déjà vécu à l’étranger ?

 Les Happy Funky Sisters: nous sommes des globetrotteuses dans l’âme. Nous avons vécu une grande partie de notre enfance en Allemagne avec nos parents; Caroline a eu la chance de continuer avec nos parents au Danemark à Copenhague où elle a passé son bac. Nous avons ensuite toutes les deux étudié en France et en Allemagne et rencontré nos maris à l’étranger pendant cette période. L’un dans la finance, l’autre dans le conseil et hop c’était reparti pour de nouvelles aventures à l’étranger avec toute notre happy tribu! Nathalie en Roumanie, en Inde, en Serbie et depuis 2 ans à Marseille. Caroline en Espagne, au Brésil, en Allemagne, au Portugal et depuis 1 an à Munich. Nous avons toutes les deux en commun le positivisme et le courage de nos grand-mères, la curiosité de notre père et la sociabilité de notre maman, ce qui fait une bonne base pour se réinventer à chaque nouvelle destination et prendre le meilleur de chaque pays.

Plus qu’une oeuvre d’art, une émotion…

Vos portraits de famille deviennent des œuvres d’art …dessin, collage, broderie, objet d’art…avec l’entreprise Happy Funky Family ! Rien n’arrête les projets de Caroline et Nathalie, expatriées dans deux pays différents. 

Comment est née l’idée de créer votre entreprise Happy Funk Familly quand une vit à Munich et l’autre à Marseille ? 

Les Happy Funky Sisters: nous avons toutes les deux goûté à des échelles et dans des domaines différents à l’aventure de l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, on peut facilement s’associer en habitant à des milliers de km. On se “facetime” 20 fois par jour, tous nos documents sont partagés sur un drive commun, bref, on serait l’une à côté de l’autre que cela ne changerait pas grand chose…

Nathalie: en Inde en déclinant des photos prises de mon quotidien coloré et joyeux de l’Inde sur des supports merchandising comme des mugs, des jolis coussins, des pochettes… en Serbie en me formant au métier de créatrice de bijoux et d’organisatrice de ventes pop-up de mobiliers vintage et j’en passe.

Caroline: avant de me lancer dans l’entrepreneuriat, j’ai été pendant de nombreuses années freelance pour différentes structures dans le textile où j’ai vite apprécié cette liberté de gérer mes horaires, travailler de chez moi ou d’un peu partout tout en gardant un vrai équilibre familial. Je le vois comme un vrai luxe. C’est à Lisbonne que je me suis véritablement lancée dans l’entrepreneuriat avec la création d’un e-shop de souvenirs et cadeaux d’affaires made in Portugal. Finalement le plus compliqué est d’avoir la bonne idée et le courage de se lancer, après au Portugal en 24h on crée son entreprise et la 1ère année on bénéficie de beaucoup d’avantages financiers. Ce qui personnellement m’a beaucoup motivé, c’est d’être entourée à Lisbonne d’un vrai réseau d’entrepreneurs jeunes et dynamiques avec beaucoup d’échanges et de bienveillance à travers des groupes comme les French Upper, Start-up Lisboa et Entreprendre. A Munich, je n’ai pour l’instant pas trouvé cette même dynamique et cela me manque énormément, car on se sent plus isolé et il faut s’auto-motiver tous les matins!

Des portraits de famille, des artistes dans le monde entier, des modes d’expression très différents … quel est le lien ? pourquoi cette activité? ce nom ? 

Les Happy Funky Sisters: “Happy Funky Family” c’est le nom WhatsApp de notre groupe familial, le nom est venu tout naturellement! Cette thématique autour de la Happy Funky Family nous tient à cœur et nous représente tellement bien. La joie, l’humour, la générosité et un peu de folie font parties des traits de notre famille.

“Happy Funky Family” propose de personnaliser des portraits de famille, des moments préférés à partir de photographies, via le regard et le mode d’expression (collage, peinture, dessin, broderie, objets d’art …) d’artistes contemporains du monde entier. 

Aujourd’hui notre projet nous permet de réaliser le métier de nos rêves. Nous sommes comme des Happy missionnaires qui répandons autour de nous nos joies, bonne humeur et coups de cœur artistiques.

 

Quels sont les principes qui ont guidés votre démarche d’expat-preneuse ?

Les Happy Funky Sisters: Entreprendre ne nous faisait pas peur, le seul point qui nous préoccupait plus était de préserver notre relation très étroite de sœurs. On entend toujours qu’il ne faut pas faire d’affaires en famille, et hop nous tombons dans ce cliché! On a fixé quelques règles de Happy Sisters: se dire les choses sans se vexer, chacune doit travailler à son rythme et selon ses possibilités (pas de pression), cela ne doit être que du plaisir. Ne surtout pas oublier de faire le point dans un an et s’en tenir à notre business plan; ce projet ne doit pas être un hobby, mais sur le moyen terme notre happy gagne pain, la promotion des artistes qui doivent aussi y trouver leur intérêt, satisfaire nos clients et agrandir la Happy Funky Family. C’est notre funky objectif.

Quelles ont été les étapes du développement de votre entreprise?

Les Happy Funky Sisters: l’entreprise est encore jeune, nous avons en janvier de cette année commencé à discuter du projet et avons créé en juin notre entreprise en statut d’auto-entrepreneur (le plus simple pour débuter sans charges administratives).

Tout a été très vite, il y a eu jusqu’à maintenant 4 phases:

1. Phase de recherches – Faire une étude concurrentielle, définir le concept, le nom, le positionnement. – Elaborer un business plan et un questionnaire clients envoyé à notre réseau pour avoir leurs retours, idées, perceptions… – Organiser des sessions de brainstorming autour du concept et s’assurer du bon sens du projet.

2. Phase de sourcing et création La partie la plus rapide et celle que nous préférons! Grâce à nos voyages nous avions déjà un beau réseau d’artistes que nous avons activé. – création d’une base de données d’une centaine d’artistes éligibles et pré-sélection d’une quinzaine pour la phase de lancement. – réalisation de prototypes de portraits de famille pour chaque artiste, comprendre le processus, le style de l’artiste et valider.

3. Phase de création du site La phase la plus longue. Nathalie a participé à suivi une formation en ligne avec Livementor pendant le confinement. – en 4 mois le site e-shop wordpress en français était créé. Nous avons aussi fait appel à des freelance sur upwork pour peaufiner certains éléments. C’est une super plateforme pour les entrepreneurs qui ont des besoins spécifiques et des petits moyens.

4. Phase de lancement du site et stratégie commerciale – lancement officiel du site en français début juin: un mois de mise en route et d’optimisation. – réalisation des premières commandes de bouche à oreille, essentiellement notre réseau. – mise en place d’une stratégie de communication et commerciale, aujourd’hui la priorité est de VENDRE, d’accumuler les expériences et retours clients. Cet été, nous avons lancé la version anglaise du site. – recherche de financement pour accélérer notre croissance; nous venons d’envoyer notre dossier à la BPI qui propose en collaboration avec la French Tech des financements pour les startups innovantes. – collaboration avec 5 élèves de dernière année de l’EMD Marseille (Ecole de Management) pour réfléchir sur notre stratégie de communication et commerciale. – Dans un an nous ferons un point, si le Happy Funky succès est au RDV, nous passerons au prochaine étape… tellement d’axes de développement en tête mais surtout, nous essayons de ne pas aller trop vite!

Qu’avez-vous appris grâce à cette expérience en tant qu’expat-preneuse ?

Les Happy Funky Sisters : que finalement oui c’est possible et même du bonheur de travailler avec sa sœur ah ah ah et qu’il faut suivre ses envies et instincts. Il y a un moment pour tout et c’était le bon moment: nous n’avons géographiquement jamais été aussi proches, nous sommes dans une même phase de vie et à un certain âge où l’on a le privilège de savoir rapidement ce que l’on veut encore faire ou pas. Ce projet célèbre les liens du cœur qui nous sont chers, offrir de l’amour à ceux qu’on aime et comme dirait le chanteur M “on ne dit jamais assez aux gens qu’on les aime qu’on les aime”. L’idée aussi est de réaliser de belles œuvres d’art personnalisées avec des artistes qui partagent les mêmes valeurs de bienveillance et de famille que nous. Nous pensons avoir pris le train de la digitalisation du marché de l’art juste au bon moment. Ce sont clairement les aspects qui nous ont guidé pour avancer et foncer.

Quelle part prennent les réseaux sociaux dans votre vie pro ?

Les Happy Funky Sisters: c’est environ 20% de notre temps. Instagram nous inspire beaucoup, car on découvre plein de nouveaux artistes et c’est aussi une bonne plateforme pour suivre les tendances, rencontrer et comprendre nos futurs clients. Nous avons créé le compte happy_funky_family en mars et commençons vraiment à avoir une communauté avec laquelle nous échangeons, c’est sympa. Par ailleurs, nous découvrons de nombreux artistes du monde entier grâce à Insta.

Comment avez-vous fait pour vous construire un nouveau réseau ?

Les Happy Funky Sisters: notre règle d’or quand on arrive dans un nouveau pays, pas de filtres. On discute avec le plus de monde possible et dans une 2ème phase on trie et on se concentre. L’avantage de l’expatriation est que où qu’on aille dans le monde, on connait un ami d’ami d’ami. En arrivant à Marseille, Nathalie a retrouvé des amis rencontrés en Roumanie et c’était le début du nouveau réseau. Pour Caroline, elle avait déjà un réseau d’amis munichois qui s’élargit quotidiennement.

Qu’est-ce que vous retenez de la mentalité entrepreneuriale de votre pays d’expatriation ?

Caroline: je ne retrouve pas à Munich, la même dynamique qu’à Lisbonne où j’ai vécu le boom de la ville et un vrai mouvement d’entreprenariat parmi les étrangers expatriés. Presque tous nos amis à Lisbonne ont créé leur business, on s’encourage, se conseille, se motive. C’est un village où tout est permis et possible. A Munich, on est tous plus éloignés, il faut aller à la recherche de l’informations, les gens sont plus classiques, moins happy funky, plus conventionnels; ils travaillent beaucoup encore pour de grosses entreprises et sont occupés par leur quotidien. Il y a un réseau de start-up plus tech et pointu, la TUM (l’université technique de Munich) qui a un programme Entrepreneurship très intéressant.

Nathalie: Marseille est très proche de Lisbonne dans l’esprit. Peu de grosses boites mais beaucoup de freelance et entrepreneurs. Peut-être le soleil est-il bénéfique à l’entreprenariat???

Lancer son entreprise en étant à l’étranger, un défi compliqué ?

Caroline: je crois que chaque pays a ses spécificités A Lisbonne, la création d’entreprise a été très rapide et facile, en 24h tout est réglé. Tout est informatisé et très transparent, il faut juste faire très attention aux délais de paiements, car sans concession sur les amendes (spécialité de tout débutant entrepreneur!). En Allemagne, je ne sais pas trop encore, mais j’aurai tendance à dire que c’est une démarche plus complexe et technique qu’au Portugal. Comme en France, le statut juridique fiscal exact est important, car il a des conséquences sur le régime fiscal de la famille, sur nos obligations comptables et même sur l’ampleur de nos responsabilités. Donc Achtung!

Nathalie: en France, nous avons opté dans un premier temps pour un statut hyper rapide et facile à mettre en place, celui de micro-entreprise. En fonction de l’évolution du business, nous passerons sur une SASU, statut juridique plus lourd mais plus adapté à notre business modèle.

 

Vos citations préférées?

Caroline: Je ne suis pas très citation, ma devise dans la vie “De beaux souvenirs et des palmiers, c’est peut-être ça le bonheur”.

Nathalie: “L’imperfection est beauté, la folie est génie et il vaut mieux être totalement ridicule que totalement ennuyeux”, Marilyn Monroe