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The Musettes - L'expatriation et un tour du monde en famille: le pari réussi de Sophie

L’expatriation et un tour du monde en famille: le pari réussi de Sophie

Forte de son expérience africaine et d’un Tour du Monde en famille, Sophie, a créé un blog de voyages ! Dépaysement assuré et conseils avisés pour partir à l’aventure !

Bonjour Sophie, tu es de retour en Belgique, ton pays natal, mais tu viens de vivre une aventure extraordinaire, le Tour du  Monde en famille  ! Où cette aventure at-elle commencé ? 

Nous sommes de retour en Belgique depuis mars dernier (2020) Auparavant, nous avons habité 5 ans à Johannesburg en Afrique du Sud et puis, on a fait un tour du monde en famille de 8 mois.

Nous avons adoré notre vie à Johannesburg ! Malgré sa réputation terrifiante, c’est une ville super agréable, très verte et lumineuse. Le pays est incroyable et les sud-africains adorables !

Qu’est- ce qui t’as amené en Afrique du Sud ?

Comme pour beaucoup de conjoint suiveur, j’ai suivi mon mari à qui on proposait un job sur place. Avant notre départ, j’ai bossé 10 ans en Belgique comme juriste spécialisée en droit des marques.

Avais-tu déjà vécu à l’étranger avant ton expatriation ?

Personnellement, je n’avais jamais vécu à l’étranger. Par contre, mon mari vient d’une grande lignée d’expats depuis plusieurs générations et a vécu toute sa jeunesse à l’étranger. Il rêvait de vivre ça aussi en famille et j’ai vite adhéré au projet. Quand l’opportunité s’est présentée, nous n’avons pas hésité longtemps !

Comment s’est passée l’arrivée en terre africaine ? 

Ce n’était pas une évidence pour moi ! Je suis arrivée en Afrique du Sud avec 3 jeunes enfants (dont notre dernière de tout juste 1 mois!). Je voyais cette expatriation comme l’opportunité unique de souffler un peu, de prendre du temps pour moi et ma famille, de profiter de ma petite dernière, de découvrir le pays…

Je n’avais pas vraiment prévu de bosser pendant ces années d’expat, d’autant plus que travailler en Afrique du Sud est compliqué si on n’arrive pas avec un contrat déjà signé et un visa de travail béton.

Nous savions par contre qu’on voulait profiter à fond de ces années pour voyager un maximum et découvrir l’Afrique en famille. Dès le premier week-end, avec un bébé d’un mois sous le bras, nous partions en safari…

Comment l’idée d’opter pour l’entrepreneuriat s’est-elle présentée ?

Après 3 ans en Afrique du Sud et une foule de voyages, j’avais l’impression d’avoir accumulé une petite mine d’or de belles adresses et d’expériences inédites. Sachant que j’aimais ça et que j’avais en stock plein d’adresses, j’étais, déjà avant mon blog, contactée très souvent par des connaissances ou des « amis d’amis d’amis » me demandant mon avis sur leur itinéraire, un conseil sur le choix d’un lodge, une bonne adresse pour faire un safari avec enfant…. C’était devenu tellement fréquent que j’ai fini par avoir des mails type que je forwardais.

Et c’est là que c’est devenu une évidence. Tant qu’à y passer du temps, autant que cela serve à un plus grand nombre puisque manifestement, ce que je faisais était utile… En parallèle, j’avais déjà commencé depuis quelques temps à écrire des articles pour des sites de voyage en famille mais l’envie d’avoir ma propre sphère de liberté d’expression s’est vite imposée, sans savoir que ça allait devenir un vrai projet pro par la suite.

La thématique de ton blog sur les voyages en famille est en adéquation avec ton expérience mais pourquoi ce nom « Poesy by Sophie » ?

Les voyages en famille sont vite devenus le fil rouge de notre expatriation. Ce blog est aussi pour moi la rencontre de plein de choses que j’aime : les voyages évidemment, la photo (passion héritée de mes parents), l’écriture (même si j’étais plus habituée à cet exercice dans un cadre juridique), le monde des médias et les réseaux sociaux…

Quand j’ai voulu lancer le blog, il a fallu choisir un nom. Je voulais quelque chose de personnel, plus évocateur que vraiment descriptif et un nom qui se prononce et se retienne facilement en français comme en anglais. Même si j’ai commencé mon blog autour des voyages en Afrique, je ne voulais pas que le nom me limite pour le futur à un domaine ou une zone géographique déterminée.

Au final, je me suis arrêtée sur le mot « poesy » qui n’existe ni en français, ni anglais mais qui se retient facilement dans les 2 langues et qui colle bien à mon univers et ma vision un peu poétique du voyage.

Qu’est ce qui t’a guidé dans ta démarche ? 

Ce qui m’a animé depuis le début, c’est le partage. J’aime emmener mes lecteurs avec moi dans mes voyages, les faire rêver et parfois les aider à transformer ce rêve en réalité.

Partager mes adresses, nos expériences coups de coeur et aider des familles à construire un voyage inoubliable, rien ne me fait plus plaisir ! Je reçois énormément de messages, de questions, de demandes de conseils auxquels je prends toujours le temps de répondre. Et très souvent, je reçois aussi des messages de familles qui reviennent d’Afrique pour me dire combien leur voyage a été magique et c’est ma plus belle récompense !

Le partage s’est ensuite accéléré avec les réseaux sociaux et aujourd’hui, Poesy by Sophie est devenu une véritable petite communauté où on s’enrichit mutuellement! De plus en plus souvent maintenant, on m’envoie aussi des bonnes adresses quand j’arrive quelque part, je les teste et les repartage ensuite en fin de séjour. Une jolie boucle vertueuse d’échanges et de partage !

Quelles ont été les étapes du développement de ton blog?

J’ai eu assez vite une idée très précise de ce que je voulais pour le blog et j’ai eu la chance de rencontrer dans la communauté d’expat de Johannesburg une web-master qui a su me créer le blog que j’imaginais. Dès le départ, j’ai voulu un site très pro, sans pour autant être certaine de vouloir en faire un véritable projet professionnel.

Ensuite, je suis passée à une phase d’écriture intensive pour le « remplir » de toutes les expériences qu’on avait déjà vécues sur nos 3 premières années d’expat. J’ai pas mal travaillé mon réseau et essayé de faire connaitre mon blog pour lui donner une vraie visibilité.

Sans m’en rendre compte, je tombais dans une « niche » parce que les voyages en famille en Afrique était un des secteurs les plus prometteurs de l’industrie touristique. De nombreuses agences et de nombreux groupes de lodges prenaient conscience qu’il y avait là un nouveau marché à développer. Il y avait une véritable demande, très peu de sites consacrés à ça et encore beaucoup à faire pour créer des itinéraires adaptés aux familles, prévoir des chambres familiales…

J’étais donc au bon endroit, au bon moment et très vite, mon site a été très bien référencé et a commencé à intéresser les agences et les lodges qui m’ont proposé des collaborations.

Dans les 2 premières années du blog, nous étions déjà souvent invités dans de très beaux endroits mais je ne retirais pas encore de réels revenus de mon activité. Et puis un jour, se lancer pour de vrai, prendre un statut d’indépendante est devenu une évidence et j’ai sauté le pas.

Tout au long de ce processus et encore aujourd’hui tous les jours, je me rends compte que c’est très important de toujours garder le cap sur ses objectifs, ses valeurs et ses essentiels pour évoluer mais sans se trahir.

Qu’as-tu appris grâce à cette expérience en tant qu’expat-preneure ?

Tellement de choses ! Avec ce blog, j’ai réellement découvert une nouvelle sphère professionnelle. La première année a été super intense et j’ai eu l’impression d’apprendre plus de choses que dans les 10 années précédentes ! Quand on se lance dans ce genre d’aventure en étant très novice, on plonge (et parfois on se noie) dans un océan de nouvelles connaissances : WordPress, SEO, plugin, cache, XML sitemap, no follow link… Un univers encore un peu flou que je suis très loin de maitriser mais j’adore apprendre !

Je suis maintenant aussi en contact avec des agences de com, des groupes de lodges, des spécialistes du tourisme, des blogueurs de voyage dont j’admire le travail… Un monde que je ne connaissais pas, que je découvre encore et qui m’a permis de faire plein de jolies rencontres !

Quelle est la part des réseaux sociaux dans ton activité  ?

Une part énorme et de plus en plus grande. Dans les premières années de mon blog, celui-ci était ma sphère d’expression principale. J’utilisais les réseaux sociaux essentiellement pour le faire connaitre.

Aujourd’hui, ma communauté sur Instagram et Facebook a bien grandi et le rapport blog – réseaux sociaux s’est un peu inversé. Instagram est maintenant devenu ma sphère d’expression principale et il arrive que je créé de véritables carnets d’adresses pour une destination que je publie en stories (sauvées à la Une de mon profil) sans pour autant en faire des articles sur le blog.

Je retrouve aussi cette place grandissante des réseaux sociaux dans mon activité dans les demandes que je reçois des hôtels qui souhaitent nous inviter. Avant, ils souhaitaient principalement un article sur le blog. Aujourd’hui, ce sont des post Instagram qui me sont demandés…

J’aime aussi les réseaux sociaux pour la proximité et la spontanéité des échanges que ça crée. Je reçois beaucoup de messages privés, de commentaires et j’ai parfois l’impression d’avoir autour de moi une grande famille d’amoureux du voyage !

Comment as-tu fait pour te construire ce réseau ?

C’est peut-être une des choses qui prend le plus de temps ! Il ne faut pas avoir peur de pousser des portes et oser contacter les gens… Au début, j’ai pas mal écrit pour d’autres, fait des articles « invités » pour faire connaitre le blog. Dans les premiers temps, c’était également toujours moi qui sollicitait les lodges, les hotels pour leur présenter mon blog et éventuellement obtenir des invitations et puis ça a fait boule-de-neige et la tendance s’est inversée.

Il y a beaucoup de blogs de voyage et la concurrence est importante. Au début, ça peut être un peu intimidant ou même décourageant. Mais j’ai vite réalisé qu’en fait, chacun a sa spécificité et qu’il y a de la place pour tous pour autant qu’on garde son identité propre. Aujourd’hui, j’ai tout un réseau de blogueurs de voyage avec qui je m’entends très bien et on n’hésite pas à se mettre en avant mutuellement. Il n’y a pas de calculs, juste de la solidarité et de l’admiration pour le travail des autres.

Qu’est-ce que tu retiendrais de la mentalité entrepreneuriale en Afrique du Sud ?

L’Afrique du Sud est un pays en devenir où tout est possible. Cette énergie, ce dynamisme est vraiment palpable. Par contre, je n’ai réellement pris le statut d’entrepreneur qu’au retour en Belgique, juste avant notre tour du monde. Je n’ai pas dû sauter ce pas en étant là-bas.

Les visas de travail ne sont pas faciles à obtenir en Afrique du Sud et beaucoup d’expats galèrent à ce niveau-là, même si c’est plus simple comme indépendant que comme employé. Certains expat-entrepreneurs bossent depuis l’Afrique du Sud mais créent leur structure dans leur pays d’origine pour plus de facilité et de continuité en cas de changement de pays.

Lancer son entreprise en étant à l’étranger, d’après toi est-ce  un défi plus compliqué ?

A mon avis, lancer un projet entrepreneurial est toujours un sacré défi. Par contre, je pense que l’expatriation est justement une incroyable opportunité pour se lancer. Ces années en Afrique du Sud m’ont offert une source d’inspiration sans fin et beaucoup de temps libre pour réfléchir à ce que je voulais. Dans nos vies à 1000 à l’heure, où on travaille souvent full time, une pause comme celle-là est une vraie chance qu’il faut savoir saisir !

En étant loin de ses repères, c’est aussi une page blanche qui s’ouvre et qui permet de se réinventer en toute liberté…

Vous avez eu et réalisé le projet, de faire un tour du monde en famille : quelles recommandations donnerais-tu si on veut suivre ton exemple?

L’essentiel pour moi est de croire en ses rêves, se battre pour les réaliser et surtout oser sauter dans le vide quand l’occasion se présente ! Et croyez-moi, ce n’est pas si facile de tout quitter, sortir de sa zone de confort, de sa routine… mais finalement, l’expatriation était déjà un bon entrainement à ce niveau-là 😉

D’un point de vue pratique, je dirais qu’il faut :

  • Faire un budget précis en fonction des coûts qu’on arrive à diminuer dans sa vie quotidienne (avant et pendant le voyage), de ses économies, de ses éventuels revenus pendant le tour du monde…
  • Ensuite réfléchir à un projet concret qui colle avec nos envies, notre famille et nos possibilités en terme de budget, de durée… Quel moyen de transport, quelle durée, pause carrière ou travail en mode nomade… ?
  • Ne surtout pas trop remplir son itinéraire, laisser une grande place à l’improvisation et la liberté parce que c’est ce qu’on recherche dans ce genre d’expérience !
  • Baliser le côté médical et les assurances et puis lâcher prise sur tout le reste !

Pour ceux que ça intéresse, j’ai d’ailleurs écrit un article consacré à l’organisation pratique d’un tour du monde et à toute cette phase de préparation : https://poesybysophie.com/guide-tour-du-monde-pratique/

 

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