Loading
Please wait
TOP

Les espadrilles, un art de vivre exporté par une expatriée

Les espadrilles, un art de vivre exporté par une expatriée

Les espadrilles à la française aux USA, avec des ateliers dirigés par des femmes dans le Sud Ouest de la France, tel est le défi relevé par Laurie, expatpreneuse à Houston. Démarrer dans la finance pour se retrouver quelques années après dans l’espadrille….Témoignage d’une “nana” super joyeuse qui trouve chaussures à son pied! Nouveau membre, nouvelle vision d’expat, notre nouvelle Musette a plein d’idées.

Témoignage d’un virage à 180 degré….

 

Bonjour Laurie, où vis-tu ? 

J’habite aux États-Unis depuis bientôt 4 ans, et plus précisément à Houston au Texas.  Je sais que le Texas ne fait pas vraiment rêver mais nous, on adore notre vie là-bas ! Les gens sont adorables, toujours joyeux et en plus, on peut être en espadrilles toute l’année.

Nous nous sommes installés dans le centre de Houston, à Montrose. C’est le quartier “hipster” de la ville où l’on peut se balader à pied (ce qui est rare ici !), aller déjeuner ou diner dans les derniers restaurants qui viennent d’ouvrir, visiter les galeries d’art, …

Qu’est- ce qui t’as amené à Houston ? 

Adrien, mon mari, a eu une opportunité d’expatriation à Houston en 2016. Après une décennie parisienne, nous étions prêts pour de nouvelles aventures ! Nous venions tout juste de devenir parents et on découvrait que la vie à Paris n’était vraiment pas simple avec un enfant !

Avais-tu déjà vécu à l’étranger auparavant ? 

J’ai eu la chance de grandir dans une famille d’expatriés. J’ai passé mon enfance au Gabon et j’en ai gardé un excellent souvenir. Camper sur la plage ou partir en expédition pour aller voir les éléphants, ce sont des émotions qui vous marquent à vie. Quand on est rentré en France, j’avais 8 ans et ça a été un gros choc !

Nous sommes repartis en expatriation en 2000, déjà à Houston. J’avais 13 ans et c’était super. C’est pour cela que j’étais très heureuse d’y retourner avec mon mari.

Pourquoi opter pour l’entrepreneuriat lors de cette expatriation aux États-Unis ? 

Tout s’est joué avant notre départ. Cela faisait 6 ans que je travaillais dans la finance en cabinet d’audit puis en entreprise. L’occasion de faire un bilan de compétences s’est présentée et j’étais enceinte à ce moment-là. Deux grands chamboulements qui ont provoqué des envies d’entreprendre. Si jusque là j’étais dans le contrôle de ma carrière professionnelle,  j’ai eu envie d’un grand saut dans l’inconnu, d’une prise de risque et surtout de développer un projet qui avait du sens pour moi. Cette expatriation m’a confortée dans l’idée que c’était le moment idéal de se lancer.

Pourquoi “les espadrilles” comme objet de ce nouveau job ?

Je suis née dans le sud de la France où l’espadrille est bien davantage qu’une chaussure, c’est un art de vivre ! L’art de la convivialité, de prendre son temps (vous avez déjà essayé de courir en espadrilles ?) et d’aimer les choses simples. La vie est plus belle en espadrilles.

Oui, mais pourquoi Atelier Aliénor ?

Je voulais un nom français car je savais que ce serait une marque américaine. Aliénor est une une référence à Aliénor d’Aquitaine, reine de France et d’Angleterre au Moyen Age, une femme au destin incroyable pour l’époque. Ce nom est l’essence même du projet : l’artisanat, le savoir faire mais aussi les femmes sont au cœur de la marque. Les ateliers et la tannerie sont dirigés par des femmes dans le Sud Ouest de la France.

 

 

 

 

Quels sont les principes qui ont guidé ta démarche d’expat-preneuse ? 

C’est la défense d’un patrimoine, le désir de reconnecter avec des choses concrètes qui m’ont motivée à me lancer. Je savais aussi qu’Atelier Aliénor serait mon lien avec la France, et surtout avec le Pays Basque que j’affectionne depuis des années.

Une histoire de Crowfounding qui a marché! 

Quelles ont été les étapes du développement de ton entreprise?

La marque va fêter ses 3 ans en juin prochain, ce qui me paraît peu et beaucoup à la fois…

Je dirais que 2016 a été l’année de la genèse du projet (l’idée, l’étude de marché, la recherche de fournisseurs). 2017, l’année du lancement, soit un an après l’idée. 2018, je fais des erreurs (diversification de l’offre, élargissement du choix des tailles). 2019, j’apprends de ces erreurs et j’en tire des leçons en repensant le modèle économique (pas de stock mais un modèle basé sur la pré-commande) et surtout je trouve enfin l’identité visuelle de la marque que je voulais ! 2020, lancement de ma campagne de crowdfunding qui est un succès avec un financement à 145% de mon objectif. Cette campagne me permet de repousser mes limites, d’aller chercher et convaincre chaque « backer » et surtout de me créer une communauté incroyable de clientes qui me soutiennent.

Et puis arrive la crise du coronavirus qui me conforte dans l’idée qu’il ne faut pas avoir de stock quand on est une petite marque !

A la réflexion, tout est allé finalement assez vite. Je ne me pose pas énormément de questions et avance à l’instinct. Il ne faut pas avoir peur d’oser. Il faut peut-être un juste équilibre entre un réel pragmatisme pour mesurer ses risques et un peu d’insouciance pour rêver et trouver le courage de se lancer.

Quelles ont été les démarches pour créer Atelier Aliénor LLC aux États-Unis  ?

Je pense que je ne pouvais pas rêver mieux que les États-Unis pour lancer mon entreprise ! Je suis arrivée en octobre 2016 à Houston et Atelier Aliénor LLC a été créée en janvier 2017. Ce n’est pas si compliqué si l’on s’entoure des bonnes personnes. Je n’ai pas hésité à investir beaucoup d’argent en conseil (avocats, experts comptables) lorsque je me suis lancée, même si les démarches ne sont pas très compliquées.

Que retiens-tu de la mentalité entrepreneuriale américaine ? 

Que l’échec fait partie de la vie et que sans échec, tu n’apprendras pas. C’est très différent de la France qui a tendance à les dramatiser ou a en avoir honte. J’assume toutes mes bêtises !

Pour toi, quelle part ont les réseaux sociaux dans ton activité ?

Ils occupent une place essentielle puisqu’ils sont ma seule vitrine et représentent le lien avec mes clientes. Ils occupent d’ailleurs de plus en plus de place dans ma journée.

Instagram est un super outil pour faire découvrir l’univers d’une marque. Cela dit, il y a tout de même des côtés frustrants !

Comment as-tu construit ton réseau professionnel sur le sol américain ?

Tout s’est fait naturellement. J’aime rencontrer de nouvelles personnes mais je ne me force surtout pas. Si cela ne passe pas, je n’insiste pas !

Les événements m’ont aidée à rencontrer d’autres entrepreneurs, et j’ai intégré un réseau de femmes entrepreneurs.

Les gens ici se rendent disponibles et aiment soutenir les business locaux. Et puis il y a mes clientes qui sont incroyables et d’une aide très précieuse. Elles sont pour beaucoup dans le développement de la marque. Certaines sont encore plus à fond que ma propre famille !

Après 3 ans d’activité, quelles leçons tires-tu de cette expérience d’expat-preneuse,  ? 

Que rien n’est impossible et que tout s’apprend ! Aujourd’hui, je ne compte pas mes métiers mais j’en fais beaucoup : de la création à la logistique, de la photo au webdesign, de l’import à la comptabilité, de la direction artistique au juridique, des social medias à la supply chain…

Je n’aurais jamais cru en faire autant ! La preuve qu’il faut se faire confiance.

[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]