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Musette accompagnatrice

Musette accompagnatrice

A l’époque du harassement moral et du mouvement #metoo

Avec ce nouveau témoignage, The Musettes aborde le sujet de plus en plus dénoncé du harcèlement au travail. Qu’il s’agisse de pression morale, de remarques dégradantes, voire même d agressions, le harcèlement au travail ne connait pas de frontières…et demande beaucoup de courage aux victimes pour “repartir du bon pied”.  Aujourd’hui, notre Musette du jour vous accompagne dans ce long processus de reconstruction.

Partir de sa propre expérience pour aider et soutenir les victimes du harcèlement au travail

Vous n’êtes pas seul.e.s à avoir traversé cette épreuve difficile. Tous le savent, pour  reprendre les rennes de sa vie, un accompagnement bienveillant est indispensable. …Rencontre avec Carine qui est aussi passée par là…

 

Buenos dias Carine ! Qui es-tu ? 

Holà ! Je suis Carine Even et j’accompagne les salariés qui souffrent de harcèlement au travail pour les aider à retrouver bien-être, confiance en eux et stabilité professionnelle. J’ai à cœur de les accompagner avec bienveillance et authenticité sur ce chemin de vie car ayant moi-même vécu cette situation, j’en connais les difficultés.

Où exerces-tu  actuellement et pourquoi ?

Suite à un nouvelle proposition de job pour mon mari, nous sommes arrivés à Madrid en septembre 2018, avec nos 3 enfants – mais ma fille aînée vient de repartir faire ses études en France-.

Nous vivons dans le quartier d’Arturo Soria. C’est un quartier où se mêlent maisons modernes et maisons plus traditionnelles. Il a l’avantage d’avoir un peu de verdure, des petits commerces à proximité et une ligne de métro directe pour le centre à 300 m de chez moi.

(palais de cristal dans le parc du Retiro)

 

As-tu déjà vécu à l’étranger auparavant ? 

J’ai fait de très nombreux voyages de plusieurs semaines à plusieurs mois, mais c’est la première fois que j’habite réellement à l’étranger. Parisienne depuis toujours, jusque là, mon premier vrai déménagement a été lorsque nous sommes parti habiter à Lille, où nous sommes restés 4 ans. Comme le dit l’adage, j’ai un peu pleuré pour y aller… mais beaucoup au moment d’en partir. J’en garde un excellent souvenir.. et beaucoup d’amis !

Comment t’es venue l’idée de l’entrepreneuriat en expatriation ?

En fait, l’entrepreneuriat n’est pas nouveau pour moi, cela fait près de 10 ans que je suis indépendante. J’ai démarré lors de mon installation à Lille. Première  expérience avant de recommencer à 0 en revenant à Paris 4 ans plus tard, mes clients étant à Lille. Nouveau départ à 0, 4 ans plus tard en arrivant à Madrid en 2018. Du coup, l’idée d’avoir une activité qui puisse se déménager a commencé à faire son chemin.

 

S’adapter et se relever

Pourquoi avoir choisi une activité de coaching orientée vers le soutien aux victimes de harcèlement au travail  ?

J’accompagne les victimes d’un harcèlement au travail, car je suis passée par là il y a 15 ans. Je sais que c’est dur d’en parler et difficile de trouver seul une façon de s’en sortir.

J’ai choisi le nom “Adaptis Coaching”, car pour moi notre capacité d’adaptation est l’une des clés de notre fonctionnement pour nous permettre de faire face à une situation très complexe comme celle d’un harcèlement. Notre adaptabilité est comme un muscle que l’on peut entraîner pour la développer. Dans mes accompagnements, je propose à mes clients de nombreux outils pour la muscler. 

 

 

Quels sont les principes qui t’ont guidée dans ta démarche  ?

Tout d’abord, la thématique du harcèlement professionnel résonne profondément avec ce que j’ai vécu. J’ai envie de pouvoir accompagner mes clients où qu’ils se trouvent, tout en leur permettant de rester discrets sur leurs démarches.

Je suis persuadée que chacun a en lui des ressources pour s’en sortir.

Libérer la parole est le premier pas indispensable pour avancer et d’expérience, lorsque l’on vit cette situation, on ne sait pas à qui s’adresser. 

Par la suite, je propose une approche modulable, selon les besoins et le rythme de chacun, pour avancer pas à pas, pour se reconstruire et pouvoir rebondir vers un autre projet si on le souhaite.

La bienveillance, l’écoute et la confidentialité sont pour moi essentielles. Le harcèlement était tabou il n’y a pas si longtemps que cela. Il ne l’est plus… mais la parole n’est pas encore totalement libérée. Les pratiques de nombreuses entreprises sont encore insuffisantes pour apporter une réponse complète à ce fléau..  

Quelles ont été les étapes du développement de ton entreprise?

L’étincelle de départ a été mon vécu, que j’ai mis de côté pendant bien longtemps.

Puis j’ai eu besoin d’aller à la rencontre et à l’écoute de personnes qui avaient vécu également un harcèlement au travail, pour comprendre comment cela s’était passé pour elles, quels étaient leurs ressentis, leur difficultés pour s’en sortir, ce qui les avaient aidé ou au contraire enfoncé .

Enfin, pour m’aider à cadrer le développement de mon offre, je me suis faite accompagnée. J’ai eu besoin de ce regard extérieur qui m’a apporté à la fois une expertise sur les activités à distance, mais aussi m’a permis de trouver en moi des réponses. 

Je travaille de chez moi. Pas besoin d’un matériel technique sophistiqué, mon activité est nomade, un ordinateur et une connexion internet suffisent. Pour mes clients, pas d’autres besoins techniques non plus. Le plus importants est déjà en eux : ils ont en eux les ressources pour changer les choses.

J’ai profité du confinement pour changer mon site internet et communiquer sur les réseaux sociaux.

Qu’as-tu appris grâce à cette expérience en tant qu’expat-preneuse ?

Me faire accompagner m’a confirmé qu’un regard et une aide extérieurs permettent de mettre en lumière certaines ressources que l’on a mais dont on n’a pas conscience. 

Fonctionner en réseau avec d’autres entrepreneurs est également très utile. Les regards croisés sur nos pratiques respectives sont très enrichissants. 

J’ai beau travailler de chez moi, je me sens faisant partie d’une organisation, reliée à mes clients et les entrepreneures avec lesquels je collabore.

Enfin j’ai redécouvert l’importance de se faire connaître et des moyens de communication adaptés.

Donc les réseaux sociaux prennent une part importante dans le développement de ton entreprise ?

Aujourd’hui une grosse part, pour faire connaître mon offre. Je relaie mes articles de blogs, les groupes de paroles et d’échanges que j’organise, des interviews de professionnels très intéressants pour mes clients.

Tu as reconstruit ton nouveau réseau, quelles en ont été les étapes  ?

Mon réseau se construit pas à pas, dans chaque ville où je suis. A Madrid, Ma participation à Madrid accueil, association qui accueille les français, y a contribué. En parallèle d’Adaptis Coaching, j’y co-développe un pôle “pro” (https://www.madrid-accueil.fr/Presentation-76) pour proposer aux français et francophones de Madrid, en activité ou en recherche, des opportunités de rencontres, d’échanges, de formations, d’inspirations, de motivations. J’interviens également dans une association espagnole pour coacher des clients espagnols sur des thématiques personnelles et professionnelles.

Que retiens-tu de la mentalité entrepreneuriale de ton pays d’expatriation ?

Le statut “d’autónomo” est très répandu en Espagne, où à l’origine, en raison de la situation économique, avoir 2 jobs était très courant. 

D’après ton expérience, lancer son entreprise en étant à l’étranger, est-ce un défi compliqué ?

D’après moi, le principal défi est celui de se faire connaître par mes futurs clients. Je dirais donc oui c’est un défi. Rendez-vous dans quelques mois pour en faire le bilan. 😉

+ Ta citation préférée?

“Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.” Cette citation de Gandhi me porte depuis longtemps. Je la trouve pleine d’optimisme et de ressources.