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Vision d’expat-preneure avec notre Musette aux bijoux

Vision d’expat-preneure avec notre Musette aux bijoux

Avec sa marque éponyme, échange avec Laura Essayie expatriée aux Pays-Bas ou le savoir-faire artistique aux bouts des doigts

Pour une fois, je rencontre une expatriée entrepreneuse tout près de chez moi. Direction Utrecht à quelques kilomètres d’Amsterdam pour parler bijoux!

Des Bijoux intemporels, avec un circuit court et l’idée du recyclage en tête. 

Bonjour Laura, qu’est-ce qui t’a amené aux Pays-Bas ?

Née dans une famille de bijoutiers français, je suis passionnée par la sculpture du fil d’argent. Après mes études de Sculpture appliquée au Métal de l’École Nationale d’Art  Oliver de Serres à Paris j’ai choisi de faire un stage chez Ralph Bakker, un joaillier contemporain néerlandais. Son travail est si fort et personnel que je n’ai pas hésité à passé quelques mois dans son atelier à Rotterdam pour découvrir ses techniques et sa maîtrise unique. C’est pendant cette période que j’ai rencontré mon amoureux, néerlandais !

Où vis-tu actuellement?

Mon amoureux m’a fait découvrir Utrecht et j’y suis restée. Je vis dans un quartier qui me plaît beaucoup : Lombok. Ce joli nom est déjà un appel au voyage. Nommé d’après une île indonésienne, c’est un quartier multi-culturel très près du centre d’Utrecht, entre une mosquée et une église, entre l’appel à la prière et les cloches, les épiceries turques, les restaurants marocains, indonésiens ou du Surinam, où vivent toutes les générations et nationalités. •

Avais-tu déjà vécu à l’étranger auparavant ?

Avant de venir à Rotterdam, j’ai passé 3 mois à Berlin, avec mon cousin qui est aussi bijoutier, à travailler pour un artiste : Guillaume Airiaud. Nous fabriquions des masques en laiton martelé pour Hermès. C’était en plein hiver, et j’aurai pu y rester des années. Le rythme de vie y est doux, excitant et inspirant.

 Rien de plus nomade que le bijou

Comment devient-on une expatpreneuse créatrice de bijoux ?

J’ai toujours eu envie de ne pas toujours vivre au même endroit, de me laisser surprendre par les voyage tout en continuant de créer, c’est ce qui modèle mon quotidien.

Plus jeune, je savais déjà que je voulais évoluer dans un milieu artistique. Mon frère est graphiste. Il m’a fait découvrir l’Ecole Olivier de Serres à Paris. J’ai été tout de suite attirée par l’Atelier Métal de l’École. C’est là que j’ai compris que je voulais créer des bijoux. Et à ce moment-là les connections se sont faites avec ma propre histoire familiale : mon oncle était bijoutier, j’avais passé de nombreux étés à l’observer travailler avec fascination. Mon envie inconsciente est très certainement née dans ce lieu. J’ai choisi d’expérimenter l’art du bijou sous l’angle de la sculpture avec la ligne comme point de départ. Chaque bijou est conçu comme une petite sculpture à porter.

 

 

Comment as-tu lancée “Laura Essayie”, ton auto-entreprise aux Pays-Bas ? quelles démarches ont été nécessaires ?

J’étais déjà auto-entrepreneuse en France. C”est là que j’ai commencé à développer ma collection, mes amis ont commencé à porter mes bijoux, le bouche à oreille s’est mis en place. Comme mon atelier est facilement transportable et que je vends principalement via mon site internet, continuer mon activité dans un autre pays m’a semblé assez naturel. Et de fait, ma clientèle à continuer à me suivre et à s’élargir au fil des mes déplacements.

Les démarches aux Pays-Bas ont été très simples. J’ai fermé mon entreprise française en ligne puis enregistré mon activité néerlandaise auprès de la KVK ( Chambre de Commerce) puis auprès du Bureau de Garantie en établissant mon poinçon de maître. Avant cette étape, je suis aussi devenue résidente aux Pays-Bas. Les démarches sont rapides et simples avec beaucoup d’informations traduites en anglais.

 

Comment s’est passée la transition entre activité française et expat-preneuse auprès de ta clientèle ?

J’ai la chance de bénéficier d’un cercle de clients et clientes en France très fidèles à mon travail. J’aimerais pouvoir développer maintenant une clientèle aux Pays-bas.

Les réseaux sociaux, internet sont fondamentaux pour ton activité d’expat-preneuse, que retiens-tu de cette expérience?

Grâce à Internet, il est facile de voyager, de s’expatrier, tout en continuant son activité. Je reçois beaucoup de commandes en ligne et les envoie partout dans le monde. Avec mon site, je peux rester en contact où que je sois.

Les réseaux sociaux sont donc devenus un élément indispensable de ma communication. Ce n’est pas la partie de mon travail que je préfère mais c’est un moyen assez unique de toucher rapidement et régulièrement ceux qui s’intéressent à ma collection.

Mais pour moi,  il est aussi très important de savoir se développer localement pour le plaisir de rencontrer sa clientèle, imaginer des collaborations. Le virtuel c’est pratique mais le monde réel à encore de plus grands plaisirs à offrir.

En tant qu’expat,  comment (re)construis-tu réseau professionnel  ? C’est une question qui reste encore ouverte. Je commence un peu de la manière qu’en France, mon petit cercle d’amis néerlandais commence à s’intéresser à mon travail, j’essaie de contacter des boutiques et des magazines pour diffuser ma collection. L’avenir dira si mon style plaît aux Pays-Bas aussi.

Qu’est-ce que tu retiendrais de la vision entrepreneuriale des Pays-Bas ?

Je crois qu’aux Pays-Bas, comme un peu partout dans le monde, de plus en plus de personnes ont envie de développer leur propre idée en se libérant du travail salarial. C’est un mouvement important qui se nourrit de l’envie d’un épanouissement personnel par la prise de décisions fortes et l’adéquation entre son quotidien et ses valeurs.

Lancer ton entreprise “Laura Essayie” à l’étranger, est-ce un défi compliqué à relever ?

Je pense que la difficulté aurait été de tout faire en même temps : m ‘expatrier et créer mon entreprise. J’ai eu la chance d’avoir quelques années d’expérience entrepreneuriale en France avant de m’installer aux Pays-Bas donc j’ai eu le temps de m’adapter.

+ Ta citation préférée? « Pour créer, il faut d’abord remettre tout en question » Eileen Gray, femme designer du XXème siècle