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Musette aux servcies

Musette aux servcies

Bonjour Hélène, notre Musette aux services, où vis-tu ? 

Je vis en Allemagne à Munich plus précisément dans le quartier de Maxvorstadt. C’est un lieu central et animé : une sorte d’équivalent du quartier latin à Paris par la présence de l’université, la LMU pour les connaisseurs, et un passage obligé pour les amateurs d’art et de culture avec présence de la plupart des musées munichois.

Qu’est-ce qui t’as amenée à Munich ?

Quand je travaillais en Suisse, j’ai rencontré un Allemand. On est rentrés à Paris ensemble mais il n’a pu trouver de travail sur place. J’ai donc décidé de chercher un emploi en Allemagne et j’ai trouvé et accepté un job dans une start-up à Hambourg. J’étais quand même loin de me dire à cette époque que j’allais y rester aussi longtemps et surtout que je m’installerai en Bavière !

Avais-tu déjà vécu à l’étranger auparavant ?

Oui, dans un autre pays limitrophe de la France : la Suisse allemande et, pour être précise, dans la région des Grisons. C’est moins exotique que l’Australie ou les Caïmans… mais c’était vraiment un choc culturel.

Comment l’idée d’opter pour l’entrepreneuriat dans ton pays d’expatriation s’est-elle présentée ?

Si aujourd’hui cette idée me semble naturelle et évidente, il s’agit en fait d’un long processus. Je me rappelle avoir eu un cours d’entrepreneuriat passionnant à l’ESSEC, mais ce n’est pas pour autant que j’ai eu envie de créer ma boîte. Je pense qu’une première graine a été plantée quand j’ai rejoint une start-up à Hambourg puis à Munich ensuite. Le réel déclencheur a été la naissance de mes filles et le travail de coaching que j’ai fait sur moi-même. En prenant du recul, je me suis rendue compte que j’avais besoin de créer quelque chose par moi-même, d’être responsable de mon destin et que j’avais également un énorme besoin de liberté. Enfin, il fallait trouver l’idée qui allait me faire vibrer. Tout cela c’est finalement mis en place au printemps 2018. Et rendons ses lauriers à César, mon mari m’a toujours fermement soutenu dans cette démarche. C’est un facteur clé à ne pas négliger quand on entreprend, particulièrement à l’étranger !

 

Comment s’est construit ce projet d’accompagnement des francophones expatriés désireux de lancer une activité en Allemagne ? Pourquoi “Dessine moi Munich” ?

Pendant les 10 années où j’ai vécu en Allemagne, j’ai eu à relever de nombreux défis. J’avais certes certains avantages : je suis arrivée avec un job, en parlant l’allemand et sans contrainte familiale mais ce n’est pas pour autant que tout a été simple. Après la naissance de mes filles, j’ai rencontré des mamans expat qui avaient de vraies difficultés à trouver leurs places et qui pourtant avaient de superbes parcours professionnels. De mon côté, je ne me sentais jamais vraiment entièrement épanouie dans tous les postes que j’ai occupés. C’est à ce moment là que je me suis dit que je pouvais réellement faire quelque chose pour changer cette situation. C’est vraiment du gâchis de subir et souffrir en situation d’expatriation alors que si on est bien entouré et qu’on trouve un projet qui nous passionne, cette étape peut être merveilleuse. Le nom “Dessine-moi Munich” est bien entendu une référence au Petit Prince, étranger à sa nouvelle planète et qui cherche un ami. Avec mon accompagnement personnalisé et local, (relocation, coaching personnalisé pour conjoint suiveur, …..) j’ai pour mission de tout mettre en œuvre pour que mes clients, les expatriés francophones venant s’installer à Munich, se sentent réellement chez eux et au final ne veulent plus repartir.

 

Quels sont les principes qui ont guidés ta démarche d’expat-preneure ? 

Un peu comme “TheMusettes”, en témoigne à travers les portraits de toutes ces femmes expat-peneures dans le monde, je veux que chaque expatrié vive une superbe expérience et en particulier, je veux que toutes les femmes qui ont suivi leurs conjoints à Munich, dans mon cas, profitent de cette occasion pour découvrir leurs projets de cœur et le concrétisent. Je suis convaincue que la seule manière d’être complètement épanouie, c’est d’avoir un projet qui fait sens pour nous et donne sens à ce qu’on est et ce qu’on fait.

Et puis, je veux montrer que, contrairement à certains a priori tenaces (je les ai eus aussi, je sais de quoi je parle !), Munich est une ville qui offre un cadre de vie exceptionnel et quasi inégalé dans le monde. Osons ces mots ! Mais c’est la vérité. Si vous écoutez mes podcasts, nombreux sont mes invités qui sont arrivés à reculons dans la capitale bavaroise mais qui ensuite ne veulent plus repartir.

Quelles ont été les étapes du développement de ton entreprise?

J’ai démissionné de mon poste salarié en octobre 2018. J’ai ensuite travaillé pendant 6 mois à mon projet en suivant une formation via l’Arbeitsamt (le pôle emploi allemand), en me faisant coacher, en rejoignant divers groupes d’entrepreneurs. J’ai passé mon C2 en allemand et j’ai aussi entamé une formation de coach professionnel pour pouvoir accompagner mes clients à 360°. Avant le lancement officiel et administratif de ma société, j’ai lancé mon podcast en mars. C’est le premier élément fondateur et visible de cette aventure.

Comment l’as-tu développé ? 

Au niveau financier, j’avais quelques réserves et j’ai bénéficié d’une aide à la création du pôle emploi pendant 6 mois (Gründerzuschuss). Les démarches administratives sont assez simples et le pôle emploi m’a également renseigné à ce sujet. Je me suis également fais conseillé au niveau de l’imposition et du business plan. Pas besoin de matériel… à part pour le podcast : dans ce cas je l’ai financé avec mes économies et j’ai suivi une soirée de formation avec Siham Jibril, la créatrice de Génération XX). Pour mes services, j’avais plutôt besoin d’une présence en ligne. Venant du online marketing, j’ai développé mon site internet moi-même sur Squarespace (CMS super simple à utiliser et joli design) ainsi que ma communication digitale.

Qu’as-tu appris grâce à cette expérience en tant qu’expat-preneure ?

J’ai l’impression d’avoir plus appris en un an qu’en 15 ans de salariat. La première leçon a été de savoir se faire confiance, d’apprendre à croire en soi et comme on dit en coaching de se montrer “inconditionnellement constructif”. La seconde, c’est la patience et la persévérance. Travailler pour soi est la liberté absolue mais c’est aussi le grand huit émotionnel. On est responsable à 100% de ses réussites comme de ses échecs et seul pour les affronter. Enfin, j’ai également appris qu’il n’était jamais trop tard pour vivre de sa passion et devenir la personne qu’on rêve d’être.

Quelle est la part des réseaux sociaux dans ta vie professionnelle ?

Une part importante car c’est une grande partie de ma communication : j’ai un site avec un blog et un podcast, des compte instagram, FB, Twitter et LinkedIn. Enfin, j’envoie une newsletter toutes les semaines.

Comment as-tu fait pour te construire un nouveau réseau ?

J’ai commencé par mon cercle proche, ensuite j’ai pris contact avec différents réseaux professionnels et j’ai participé à des salons et conférences liés à mon activité.

Lancer son entreprise en étant à l’étranger, est-ce un défi compliqué ?

Oui et non. Si on maîtrise la langue (au moins pour la partie administrative) et/ou qu’on est bien entouré, c’est assez simple. Si on a ni l’un ni l’autre et qu’en plus le projet n’est pas défini, cela peut vite virer à l’enfer. C’est une des raisons d’être de “Dessine-moi Munich” : à savoir accompagner des francophones qui voudrait lancer une activité en Allemagne et je pense en particulier au conjoint suiveur. C’est le moment idéal pour se lancer ! Bien souvent, on a des croyances limitantes et on se crée des obstacles parce qu’on se dit qu’on ne maîtrise pas la langue ou bien qu’on a pas le réseau. Je suis là pour faire disparaître ces barrières.