Bonjour Stéphane, tu es Muset’ à la créche, mais qui es-tu plus précisément et comment es-tu arrivé à Hong-Kong ? 

Stéphane Chaumont, 36 ans. J’aime jouer (en vrai, pas en numérique), dessiner, marcher, faire la fête. Nous avions ma femme et moi le souhait de partir vivre à l’étranger et une opportunité s’est offerte à ma femme (oui, en même temps cela ne peut venir que d’elle !) je l’ai donc suivie !

Nous sommes arrivés début février 2015, soit bientôt 4 ans maintenant, 2 enfants à l’origine (presque 2 et 5 ans), 3 maintenant. ! Adaptation rapide pour les parents et la seconde; ce fut plus difficile pour la grande du fait de la barrière de la langue car elle fréquente l’école anglaise. Après 3 mois d’école, il n’ y avait plus aucun problème.

Il nous a fallu 4 mois pour être parfaitement installés,, nous sommes arrivés en milieu d’année, ce qui a permis de trouver de bonnes solutions école – garde pour les enfants et les mettre en place.

Nous vivons à Hong Kong, Mid Levels-Limite Soho. C’est un quartier central à 30 secondes des bars, restaurants de Soho. 

Tu avais déjà vécu à l’étranger?

Enfant j’avais vécu 3 ans au Maroc avec ma famille. Étudiant, j’ai eu l’occasion de faire des étapes à Rome et à Shanghai ainsi qu’un échange universitaire à Séoul.

En quelques mots, l’art de vivre des Hongkongais ?

Il y a une partie très consumériste, avec cet amour commun à bon nombre de pays des « malls ». Il y a aussi cet amour de la nature, riche et partout présente contrairement à l’imaginaire de gens sur Hong Kong. Randonnées, camping, excursions sur les îles, plages; le climat permet d’en profiter presque tout au long de l’année.

 

Comment t’es venue l’idée de monter une activité de « nursery » ?  Ton parcours professionnel t’y avait-il préparé ?

Non, après des études de commerce, j’ai monté un concept de restauration rapide autour de la crêpe. Résultat mitigé et les problématiques de tout entrepreneur en France (mais ça évolue !). Puis j’ai effectué quelques missions de conseil essentiellement pour des start-up avant de rejoindre une startup innovante dans l’événementiel voyage pour entreprises. L’objectif était de s’associer avec le fondateur, mais n’ayant pas apprécié la fonction plus que le métier, nous nous sommes séparés. Hong-Kong est arrivé à ce moment là.

En arrivant à Hong-Kong, je n’étais pas vraiment dans l’idée d’entreprendre . L’ouverture d’esprit anglo-saxonne associée à une facilité de rapidité des démarches a eu raison de mes réticences. Et puis l’occasion a fait le larron.

Nous ne trouvions pas de solution satisfaisante pour notre dernière. Il y avait bien sûr les crèches gouvernementales mais sans un réel souci de l’approche éducative et de plus celles-ci sont en cantonais.  L’essentiel des familles étrangères de Hong Kong attachées à une éducation plus internationale, délègue la garde à des « assistants ou des aides » et à des « groupes de jeu ».

Les « aides » sont à la fois femme, ménage, cuisinière et nurse « non qualifiée ». Les « groupes de jeu » ne sont ni plus ni moins des équivalents du temps de socialisation et d’éveil encadrés de la crèche, mais d’un prix délirant et d’un contenu et d’un encadrement souvent léger.. . Vous proposez des groupes de jeux à prix abordable. La thématique avait en outre, l’avantage de faire sens.

 Peux-tu nous décrire le principe d’une « pop up nursery » ? comment cela fonctionne-t-il ? 

Kidykidy est une « pop-up nursery ». Si l‘éducation est chère à Hongkong, c’est essentiellement en raison des prix de l’immobilier.

Or, énormément de tours résidentielles disposent d’une grande pièce à l’usage de leurs résidents, à un prix très faible. Ces pièces sont majoritairement utilisées le week-end pour des anniversaires, réceptions et restent vides durant la semaine.

Kidykidy a donc conçu tout un environnement crèche, en carton renforcé (léger et absorbant pour les chocs) qui se déplie en 10 minutes pour transformer ces espaces vides en terrains de jeux, d’explorations et de découvertes. Une enseignante qualifiée sur la petite enfance est en charge (avec l’encadrement nécessaire) d’un building où elle accueille les bébés pour des sessions d’ 1 à 2 heures, le nombre de jours que l’on souhaite par semaine.

Kidykidy accueille les enfants de 8 mois jusqu’à leur entrée en maternelle. A la fin des sessions, le décor ainsi que le matériel sont repliés en 5-10 minutes et stockés dans un espace mis à disposition par le building. Kidykidy accueille surtout les bébés du building (on parle d’immeuble avec au moins 1000 habitants…) mais aussi le voisinage. Le contenu proposé en anglais repose toutefois sur une approche plus française de la petite enfance, domaine d’éducation où la France réussit plutôt mieux qu’ailleurs. A cela s’ajoute des principes inspirés de trois grands courants : Montessori, Emilio Reggie et le plan d’Iéna.

Comment as-tu initié ce projet ? combien de temps ? quelles démarches …?

Les démarches administratives ont été majoritairement faites en 2 semaines. L’idée du décor, sa conception et sa production m’ont pris quatre mois et demi. La phase de test a eu lieu le sixième mois. Après 8 mois, j’ouvrais officiellement le premier building. La création de notre pédagogie s’est construite sur ces 8 mois et se nourrit de l’expérience accumulée.

Et demain ?

Mon expérience professionnelle m’offre un équilibre parfait entre vie familiale, épanouissement professionnel et personnel. J’ai du temps pour construire, pour partager et pour découvrir. La question maintenant est celle du développement. A continuer ainsi, je vais tourner en rond. A développer, je vais perdre cet équilibre qui m’est très cher.

Tu nous dis que ton  équilibre entre ton activité et ta vie familialiale est très important, comment t’organises-tu ?

Mon activité prend 1/3 de temps, reste 1/3 pour profiter de mes enfants et un dernier 1/3 pour d’autres projets et activités personnelles.

Quels sont tes « instants bonheur »? 

De petits riens que l’on prend au temps d’apprécier : un rire, une jolie vue, une musique … Quelle merveille de dire pour surprendre un moment « elle n’est pas belle la vie? » Et de s’entendre répondre un« tellement ». Partage réussi, bonheur instantané. 

Et avec tes enfants, que préferes-tu faire ? 

En mode très simple ne rien jeter, il y a toujours quelque chose à choisir avec les enfants et les choses récupérées. 

Quelles sont tes sorties culturelles préférées  ?

A l’exception des quelques événements culturels qui ponctuent l’année, la culture fait énormément défaut à Hongkong. En revanche, on a l’expérience permanente de la découverte d’autres cultures, la culture chinoise bien sûr, mais aussi indienne, philippine, anglaise…

« Instant culturel » : peux-tu me citer un de tes livres préférés ?

Cyrano de Bergerac ! L’avantage d’une pièce de théâtre, c’est que c’est court. Facile à relire donc. Cyrano mélange tragique, humour, poésie, suspens, romantisme et inventivité. Presque chaque vers est un joyau. Et quel livre a autant de panache ?

Cyrano De Bergerac

Y-a-t-il un évènement culturel que tu conseillerais à Hong-Kong ?

Le premier trimestre de l’année scolaire est certainement le plus pauvre de l’année. L’événement culturel du moment, c’est… « Oktoberfest.« .  C’est une formidable occasion de faire la fête avec les Hongkongais, déguisés en bavarois , face à la « skyline » et avec un vrai groupe de musique allemand haut en couleur :).

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